Feministe avant l'heure

Dès sa premiere apparition, elle fit scandale. Sa nudité simulée dans le film Et dieu crea la femme -dans lequel les journaux affirment qu'elle apparait nue montrant même sa poitrine, un mensonge de plus pour enfoncer celle qui n'avait nullement besoin de la presse pour choquer le peuple- crée un choque sans precedent. Aux Etats-unis, on interdit la projection du film "aux noirs". Elle devient une icone sexuelle a travers le monde entier. C'est un nouveau souffle qui s'abbat sur la jeunesse des années 1950, et sur les générations à venir.

Toutes les jeunes filles veulent être comme elle, ne plus se compliquer la vie, aimer qui elles veulent, vivre "nue au soleil", comme elle le chantait.
Sans même le désirer, BB libère tout le monde. Parce qu'elle s'est deja libérée elle-même. Elle devient un modèle d'émancipation.


La fameuse scène "de nue" d'Et Dieu créa la femme.
A ses debuts, elle est pourtant bien seule. Les femmes ne defilent pas encore dans la rue en brulant leurs soutifs, au contraire, elles la haissent, la jalousent, elle, la salope qui ose s'affranchir des hommes et aimer librement. Difficile pour elle ne pas sortir de son appartement parisien avec un fichu sur la tête et une paire de lunettes noires. "C'était difficile de se cacher, car en voyant une personne avec une cagoule de ski, tout le monde se doutait bien que c'etait moi là-dessous." 

Bardot se comporte, sans y réfléchir, comme un mec. Elle consomme différents représentants du sexe opposé comme un homme le ferait, elle brise les coeurs, laisse des mâles sur le carreaux sans un mot. Comme l'annoncera le titre d'un de ses derniers films, "Si Don Juan etait une femme" ç'aurait été Brigitte Bardot !

Changeant totalement les moeurs, elle devient un cas interessant pour la grande Simone de Beauvoir qui lui consacre une tribune en 1959 dans le magazine americain Esquire.
«Brigitte Bardot est le plus parfait specimen de ces nymphes ambigues. Vue de derriere, son corps mince et musclé de danseuse est presque androgyne.[...]
Elle fait ce qui lui plait, et c'est cela qui est troublant...»


Avec son fils Nicolas en 1967
Toujours en bon "garçon" qu'elle est, elle a du mal à assumer son fils, qu'elle ne pense pas etre capable d'éduquer correctement, ayant une vie instable et sentant avec beaucoup de mal le peu d'instinct maternel qu'elle est susceptible d'avoir. Brigitte est encore une enfant, elle dit avoir besoin qu'on s'occupe d'elle alors comment pourrait-elle elle même être responsable d'un être demandant autant d'attention qu'un bébé ? Elle le laisse donc à son père, Jacques Charrier. Un scandale de plus...
La question peut se poser autrement. Si elle avait été un homme incapable d'assumer correctement sa paternité et pensant qu'il serait mieux, pour le bien de l'enfant, de le laisser à sa maman, l'opinion publique lui en aurait-elle tenu rigueur ?


Malheure à celle par qui le scandale arrive ! Personne ne lui a jamais pardonné d'avoir le culot de se comporter aussi librement qu'un homme, si ce n'est plus. Toujours subversive tout en s'ignorant, elle ne s'embarrasse pas de sous-vêtements corsetant; des mini prisons pour la femme; elle n'est pas apprêtée, mais libre, nue, les cheveux flottant.
En 1967, de Gaulle l'accueille stupéfait à l'Elysée ou elle se rend vêtue d'un costume mi-militaire, mi-dompteuse ! Elle confie «Aucune femme n'avait encore osé entrer à l'Elysée en pantalon. Alors pour une réception officielle c'était impensable! Et pourtant, je le fis.»
Voir photo
«"Bonsoir général" dis-je en lui tendant la main. Un silence. Il me regarda avec attention puis, voyant mon vêtement plein de brandebourgs dorés, me répondit du tac au tac: "C'est le cas de le dire, madame."» 

Les hommes dans sa vie...
Depuis toujours, c'est elle qui assume ses hommes. Fauchés, sans talents veritables, ils élisent domicile chez elle espérant qu'un autre plus jeune et plus drole ne viendra pas les chasser de ce paradis "nourri, logé et blanchi" trop vite.
Encore aujourd'hui, certains de ses anciens amants (pour beaucoup, étrangers) voguent sur la vague Bardot en sortant des livres revenant sur les quelques mois ou années durant lesquels ils ont partagé sa vie mouvementé, et entretiennent ainsi une certaine forme de célébrité dans leur pays respectifs... 

"Moi, BB et l'autre 68" de Gigi Rizzi. Voir l'image en plus grand ICI

Bardot était féministe avant l'heure, sans avoir besoin de revendiquer quoi que ce soit, elle se servait tout simplement. En amour, comme en tout...

Warhol parla d'elle en ces termes : «l'une des premières femmes vraiment modernes, capables de traiter les hommes en objets sexuels, de les acheter puis de les jeter».

Portrait de Brigitte par Andy Warhol. Voir en grand ICI
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Même si le féminisme n'a rien à voir, c'est évident, avec le nombre d'amant qu'un femme peut avoir dans une vie, elle en reste une figure importante car ce n'est pas tant sa vie amoureuse, parfois trop dissolue, elle l'avoue elle même, dont on se souvient, mais plutot de son incroyable naturel, de sa façon d'être, de son ingenue subversion. Parce qu'elle est sortie, avec un courage insolent, des schémas dans lesquels on voulait l'enfermer, Brigitte Bardot est une icône pour tout être désirant s'approcher d'une certaine idée de la liberté. 

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